L’évolution des symptômes présentés par les enfants dans le cadre scolaire, conjuguée aux nouveaux idéaux qui tiennent notre société, fait que la frontière entre ce qu’il était convenu d’appeler normal et pathologique à l’école n’est plus très sûre. Tous les dix ans, l’actualisation du DSM est le témoin de cette évolution : on observe une approche de plus en plus symptomatologique des troubles mentaux.
Les nouvelles revendications des parents pour leur enfant ou des enfants eux-mêmes, mais aussi la pédagogie différenciée interroge ainsi la pertinence du concept de normalité donc de pathologique.
Le moindre écart de l’enfant à une norme scolaire fait de plus en plus souvent l’objet d’un diagnostic médical de type « dys… », qui tend à normaliser le pathologique en l’insérant dans le discours commun en forme de nomination : « je suis dyslexique », « il est dysphasique »…
Cet écart à la norme peut, depuis la loi de février 2005, être aussi considéré comme une « situation de handicap », que ce soit pour des troubles intellectuels ou comportementaux. La question se pose du rapport entre le handicap et la pathologie.
Quelle est la validité de cette dialectique « normale et pathologique » ? Le psychologue doit-il l’utiliser comme fil conducteur de sa pratique et/ou doit-il en faire fi pour rester à l’écoute de la singularité du sujet ? Qu’est-ce que le normal ? Où s’arrête-t-il ? Qu’est-ce que le pathologique ? Où commence-t-il ? Cette dialectique a-t-elle une raison d’être pour le psychologue en milieu scolaire ?
Quels effets ces approches ont-elles sur l’enfant en développement ? Quelle est la responsabilité éthique et professionnelle du psychologue en milieu scolaire ?
ANPEC Région Ouest